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Les vitraux

 

Treize vitraux, situés entre les culées des arcs en bois qui dessinent le pourtour de la tente, transforment la lumière, comme les rayons du soleil s’infiltraient dans les forêts originaires. Réalisés par l’artiste Jean-Marie Pirot dit Arcabas, ils illustrent, à l’aide de couleurs éclatantes, des scènes de l’évangile selon saint Marc. Réalisés de 1990 à 2002, ces vitraux ont été fabriqués par les maîtres verriers, Françoise Montfollet puis Christophe Berthier, et posés par le maître artisan Léon Sert.

Né en 1926, diplômé de l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, Arcabas a fait de nombreuses expositions, aussi bien en France (Paris, Lyon, Grenoble, Marseille, Strasbourg...) qu’à l’étranger (Berlin, Ottawa, Francfort, Ostende, Panama, Luxembourg). Ses œuvres figurent tant en Europe qu’au Canada, au Japon, aux USA, au Mexique... dans différentes collections publiques (Musée de Grenoble, Bibliothè­que nationale de Paris, Pinacothèque internationale de Waterloo et Musée de l’université d’Ottawa au Canada, Cuernavaca au Mexique) et collections privées. Il a effectué également divers travaux pour le Gouvernement français et les collectivités locales (mosaïques, fresques, vitraux) ou encore la préfecture de Grenoble, l’Institut d’études politiques de Grenoble, la Promotion sociale de Chambéry, le lycée de Metz, l’église œcuménique de Chamrousse, l’église Saint-Augustin de Grenoble.

L’ensemble d’art sacré de l’église de Saint-Hugues-de-Chartreuse, commencé en 1953 et terminé en 1986, est son œuvre monumentale principale. Il a fait l’objet d’une donation au département de l’Isère dans le cadre du patrimoine. La notoriété de cette œuvre est internationale et l’on évalue à près de 100 000 par an le nombre de visiteurs de cette église.

Dans le domaine du théâtre, de 1961 à 1972, il crée les décors et costumes de La danse de mort de Strindberg, Le journal d’un curé de campagne de Bernanos et Les Justes de Camus avec la Comédie des Alpes, L’Histoire du soldat de Ramuz et Stravinsky à l’Opéra du Centre national des arts du Canada. Professeur titulaire et chef d’atelier de peinture à l’Ecole des arts décoratifs de Grenoble de 1950 à 1969, "Artiste invité" par le Conseil national des arts du Canada, et professeur titulaire à l’Université d’Ottawa de 1969 à 1972, il fonde et dirige "l’Atelier collectif expérimental". De retour en France, il fonde et dirige l’atelier d’arts plastiques "Eloge de la main" à l’Université des sciences sociales de Grenoble.

A partir de 1986, il vit et travaille à Saint-Pierre-de-Chartreuse, dans l’Isère. Tout en parachevant son œuvre peinte dont témoigne l’exposition de 95 toiles à l’hôtel de ville de Grenoble (juin-septembre 1993), il réalise quelques travaux d’ordre monumental comme le lycée du Grésivaudan à Meylan, en Isère (peinture), la station d’épuration des eaux de la vallée du Grésivaudan à Fontanil-Cornillon en Isère (peinture et sculpture), la basilique de La Salette en Isère (peinture), l’église de Saint-Ismier en Isère (vitraux), la cathédrale de Saint-Malo en Ille-et-Vilaine (autel, baptistère, mobilier liturgique), l’église Saint-Vincent de Paul à Grenoble (peinture), la cathédrale de Rennes (mobilier liturgique, sculpture), la chapelle Torre de Roveri à Bergamo en Italie (vitraux, peintures, céramique, sculptures, mobilier liturgique), l’église de Corbel (Isère) (vitraux), l’église Saint-Paul à Meythet (Annecy) (fresque de 72 m²), l’église Saint-Pierre à Cognin (Chambéry) (retable en trois panneaux), le mobilier liturgique de la chapelle de Robert Schuman à Scy-Chazelles en Moselle, la basilique de Grenoble achevée récemment, les treize vitraux re de Notre-Dame des Neiges à l’Alpe d’Huez achevés en 2002, Il est décédé en 2018.

Pour plus de renseignements : www.arcabas.com

Bibliographie

Arcabas, Saint-Hugues de Chartreuse, texte de François BŒSPFLUG, photos de Helmuth Nils LOOSE, Ed. du Cerf – Ed. du Tricorne, 1994, 182 pages.

Le polyptique de l’enfance du Christ et autres œuvres : Arcabas, texte de François BŒSPFLUG, photos de Joris LUYTEN et ALLEGRET, préface de S. E. le cardinal Godfried Danneels, Ed. Halewijn, Anvers 2002, 110 pages.

Cliquer ici pour savoir comment les vitraux ont été posés.

Ces scènes retracent un chemin de foi : sensibles au scandale de la souffrance et de la mort, elles s’efforcent d’amener le spectateur à lui donner un sens en marchant à la suite du Christ. Avec une grande force dramatique, elles offrent une approche émouvante au mystère de son incarnation et de sa résurrection.

Une brochure, existant aussi en anglais, en néerlandais, en allemand, en espagnol et bientôt en italien, présente ces vitraux exceptionnels, situant le contexte évangélique de chaque scène.  Elle a été rédigée par le père Joost De Waele, missionnaire belge, qui a remplacé le père Jaap Reuten en novembre 1992. Elle est en vente dans l’église, au magasin petit Casino près de la poste et, juste en face, au musée d’Huez et de l’Oisans, au prix de 4 euros (voir photo ci-contre).

L’art du vitrail utilise des techniques séculaires pratiquement inchangées aujourd’hui encore. On réalise d’abord, à l’échelle 1/10e, une maquette très précise, qui représente les sujets, la décoration, la répartition des taches de couleur, le tracé général des jointures et la place de l’armature maintenant l’ensemble. Agrandie à la taille réelle, elle permet d’affiner la position exacte de chaque élément dont les lignes déterminent la découpe des morceaux de verre.

Le maître-verrier fait ensuite son choix des couleurs proposées par l’artiste. La découpe des feuilles de verre s’effectue au diamant et les pièces du ‘puzzle’ sont ensuite assemblées sur un calque. Certaines pièces peuvent être peintes directement sur le verre par l’artiste.

Après cuisson des panneaux à 650°, chaque pièce est encastrée dans des baguettes de plomb. C’est le sertissage traditionnel. A Notre-Dame des Neiges, on a mis en œuvre une nouvelle technique d’assemblage en superposant le verre antique sur le verre feuilleté, avec une colle Saint-Gobain très adaptée, en supprimant ainsi le plomb.

L’architecture de l’église, avec un développé de 60 mètres linéaires, se prête parfaitement bien à l’illustration de quelques chapitres de l’évangile selon saint Marc.

Vitraux (de gauche à droite)

(photos Jean-François CAPELLE)

« La danse de Salomé et … » (Marc 6,17 … 29)

Ce vitrail et le suivant ont été inaugurés le 15 août 1998 par le père Joost De Waele en présence d’Arcabas. Ils ont été réalisés grâce à la générosité de membres et sympathisants de l'association Notre-Dame des Neiges.

« …la mort de Jean-Baptiste » (Marc 6,17…29)

« Jésus marche sur les eaux » (Marc 6,45-52)

Et Jésus nourrit 5000 hommes (Marc 6,34-44) ; Ce qui rend l’homme impur (Marc 7,14-23) ; Effata (Ouvre-toi) (Marc 7,32-35) ; Jésus nourrit 4000 hommes (Marc 8,1-10)

Ce vitrail a été inauguré le 25 décembre 1990. Premier vitrail à être posé, il fut offert à l’occasion des 25 ans d'apostolat à l’Alpe d’Huez du père Jaap Reuten.

« La guérison de l’aveugle de Bethsaïde » (Marc 8,22-26)

Ce vitrail et le suivant ont été inaugurés le 15 août 1997 par le père Joost De Waele en présence d’Arcabas.

« Jésus annonce sa mort et sa résurrection » (Marc 8,31-33; 9,30-32; 10,32-34)

« La guérison d’un enfant possédé » (Marc 9,17-29)

Et La Transfiguration (Marc 9,2-8) ; Jésus bénit les petits enfants (Marc 10,13-16) ; Jésus annonce sa mort et sa résurrection (Marc 9,30-32) ; L’homme riche (Marc 10,17-25).

Ce vitrail a été inauguré lors de la fête de Notre-Dame des Neiges le 9 août 1992.

« Jésus fait son entrée à Jérusalem » (Marc 11,1-11)

Et L’aveugle Bartimée (Marc 10,46-52) ; Jésus fait son entrée à Jérusalem (Marc 11,11) ; Le figuier stérile (Marc 11,12-14)

Ce vitrail, offert par un mécène anonyme, a été inauguré le 2 avril 1991 par le père Jaap Reuten.

« Jésus chasse les marchands du Temple » (Marc 11,15-19)

Ce vitrail, le plus grand (10,7 m2),  a été inauguré le 15 août 1994, après la messe de l’Assomption, par le père Joost De Waele.

« La Cène » (Marc 14,22-25)

Sous la présidence d’honneur de Jacques Toubon, ministre de la culture, ce vitrail a été inauguré le 6 mars 1994 par le père Jean-Paul Buisson, représentant Mgr Louis Dufaux, évêque de Grenoble. Il est dédié au père Jaap Reuten.

« Le baiser de Judas et le reniement de Pierre » (Marc 14,43-46.66-72)

Ce vitrail a été inauguré le 13 août 1995 par le père Joost De Waele en présence de l’artiste Arcabas, à l’occasion du 25e anniversaire du centre Notre-Dame des Neiges. Il a été financé par une subvention du conseil général de l’Isère, par des dons des entreprises Samse et Simonetti, du Crédit agricole de l’Isère,  ainsi que des membres de l’association Notre-Dame des Neiges

« Outrage et passion de Jésus » (Marc 15,16-37)

Ce vitrail a été inauguré le 11 août 1996 par le père Joost De Waele

« L’Agneau de Dieu » (Apocalypse 4,6-8 et 5-6) encadré par les représentations symboliques des quatre évangélistes

Ce vitrail a été inauguré le 17 avril 1995 par le père Louis Tronchon. Il a été offert à Notre-Dame des Neiges par Philippe et Marcelle à l’occasion de leur trente ans de mariage ainsi que par leurs parents, enfants et amis, en action de grâces pour tous les grands moments vécus à l’Alpe d’Huez auprès du père Jaap Reuten

« L’Alpha et l’Oméga »

Ce vitrail, situé au-dessus de la porte d’entrée, de 9,36 m2, a été subventionné par le conseil général de l’Isère et la mairie de l’Alpe d’Huez et  inauguré le 22 décembre 2002 par E. F., président de Notre-Dame des Neiges, en présence d’Arcabas, de Claude Bertrand,  vice-président du conseil général chargé de la culture, de Christian Pichoud, conseiller général, d’Eric Muller, maire, du père Robert Clerc,  représentant de Mgr Dufaux, évêque de Grenoble, du père Joost De Waele, prêtre de l’Alpe d’Huez, du père Luc Mazaré, curé de Saint Bernard en Oisans. Le Dauphiné libéré y consacre sa Une dans son édition du lundi 23 décembre.

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